La tension reste vive dans les cités de Lille.
Un important dispositif policier était maintenu, hier soir, autour du Faubourg de Béthune, où des véhicules ont encore été incendiés.
En fin d' après-midi, et personne ne pouvait assurer que la nuit serait calme. Les jeunes du boulevard de Metz ne semblaient pas avoir fini de réagir avec violence à la mort du jeune Reynalt Briclot, vingt-quatre ans, abattu devant chez lui, samedi soir, au cours d' une dispute liée à une affaire de racket.
La colère pourrait même avoir monté d' un cran, le préfet du Nord refusant toujours de venir dans le quartier « pour voir ce qui se passe »
Depuis samedi, les incidents se sont multipliés aux alentours de cette cité et se sont propagés au quartier Sud de Lille.
Comme autant d' étincelles sous un tonneau de poudre. Dimanche, après avoir lynché l' agresseur du jeune homme, cassé du matériel à l' hôpital en apprenant le décès de leur ami, une cinquantaine de jeunes s' en étaient pris directement aux trafiquants de drogue et avaient passé à tabac un dealer en pleine rue.
Puis le calme était revenu, jusqu' à ce que, dans la nuit de lundi à mardi, une partie du quartier soit plongée dans l' obscurité après l' attaque d' une armoire de commande de l' éclairage public par un groupe de jeunes.
Sur place, des violences ont recommencé, une dizaine de jeunes mettant le feu à une antenne de l'office HLM de la ville. Les policiers et pompiers venus sur place ont été accueillis par des jets de pierres.
Le calme semblait revenu vers 5 heures du matin, mais de nouveaux troubles ont eu lieu, dimanche matin. Vers midi, une trentaine de jeunes gens de la cité, avec des battes de base-ball, s'en sont pris à des dealers qui ont dû être hospitalisés.
Hier, vers midi, face au numéro 76 du boulevard de Metz, à l' endroit exact où Reynald Briclot a été tué, c' est une Opel Omega qui est partie en fumée. Quelques minutes plus tard, à quelques mètres de là, une Peugeot 106 a brûlé. Aussitôt, un important dispositif policier a été déployé dans le secteur.
Ici, c' est un véritable ras-le-bol qui s' exprime. » Pour l' élue communiste, la population « crie son refus d' être abandonnée, sa colère d' être méprisée et dénonce le drame du chômage, le laxisme des pouvoirs publics face à la drogue et aux trafiquants.
La police n' a pas les moyens d' assurer la prévention et la sécurité des citoyens et laisse ces quartiers dit sensible à l'abandon.