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59000 Lille

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Nouvelle BAC départementale : récit d'une nuit de patrouille

Comme chaque soir, à « 18 h 39 », le capitaine Dahou Touhami distribue les missions. Ils sont une quinzaine à écouter le chef de la BAC départementale, à l'hôtel de police de Lille-Sud : « BAC 11, vigilance à l'Alma à Roubaix et BAC 10, pareil pour la Bourgogne à Tourcoing. » Deux quartiers sous tension après une récente fusillade dramatique. Surveillance aussi, par exemple, à Englos, à cause d'une série de cambriolages : « On est là où il y a la criminalité. En général, on laisse libre court à l'initiative. » La cartographie de la délinquance est préparée : « On regarde les mails des faits constatés. On lit tout et on a des instructions. » Les « BACeux » filent vers leur voiture banalisée. « Ce sont des policiers en civil qui se fondent dans la masse afin de repérer le flagrant délit. Seul le chauffeur est en tenue », indique le commissaire Antoine Boutonnet, qui monte dans une puissante Ford Mondéo V6. Au volant, Jérôme, 38 ans. Et, à l'arrière, Daniel, la cinquantaine. Des ex, chevronnés, de la BAC de Lille. Bouclier anti-émeutes, flash-ball, Taser, Diva (herse à jeter sous des pneus), pistolet, gilet pare-balles obligatoire : chaque patrouille est équipée. BAC 2, c'est l'indicatif de la Mondéo. 19 h 45. Sur les ondes police, braquage signalé d'une station-service à Seclin. Gyrophare, sirène, BAC 2 fonce. Par la ville, à près de 100 km/h. Impressionnant. Jérôme maîtrise, marque un arrêt à chaque croisement. « Les chauffeurs ont reçu une formation conduite rapide. » Les courses poursuites ? « Il faut un motif bien précis. C'est très encadré. On évite car c'est trop dangereux », note le commissaire. BAC 2 arrive à la Mouchonnière, à Seclin, où le braqueur aurait fui. Elle avance lentement entre les immeubles. Nulle trace du suspect. La Mondéo s'en va. Direction Lille en passant par les boulevards Sud où des rassemblements de jeunes sont repérés.

Elle tourne à Wattignies, Lille-Sud où un véhicule vien d'être incendié, au centre de Lille. Comme rien ne se passe, les BACeux cherchent, contrôlent, occupent le terrain. Aux aguets. Des chasseurs nocturnes. « On fait de tout : du stup, du racolage, de la conduite en état d'ivresse. Ce qui nous tombe sous la main, on prend », poursuit Antoine Boutonnet. Vers 20 h 45, une BAC de Lille suit sur l'A25 une BMW Série 5 déclarée volée en Allemagne. BAC 2 arrive en soutien. À un feu rouge de Lille, la BMW s'arrête. L'instant propice. En quelques secondes, le conducteur est menotté par les policiers. Il est placé en garde à vue. Ensuite, retour à une certaine tranquillité. « C'est calme mais ça peut partir d'un coup. » Ce soir-là, ça ne partira pas.

Encore des contrôles, comme au métro de Wazemmes. Puis pause repas à un kebab. 23 h 15, direction Tourcoing.

Un secteur inconnu pour les ex-fonctionnaires lillois de BAC 2. Malgré le GPS, difficile de se repérer. « On tâtonne un peu, c'est normal. On n'a qu'une semaine d'existence. On apprivoise le territoire. En général, c'est rapide. » Les agents de la BAC départementale changent souvent de zone afin de connaître la métropole.

Sur les conseils de collègues ayant réalisé la veille une affaire de drogue, BAC 2 se positionne à la frontière belge. Et se gare au poste de Reckem de l'A22. Pas de « proies » en vue. « C'est comme le pêcheur : il faut savoir attendre. » Soudain, une Alfa Roméo déboule. La Mondéo de la BAC surgit. Gyrophare, appels de phares. Le véhicule se range sur la bande d'arrêt d'urgence. Trois sachets de cannabis sont jetés d'une fenêtre, et retrouvés. Les trois jeunes Calaisiens de l'Alfa reviennent de « courses » aux Pays-Bas. Ils sont ramenés au commissariat de Tourcoing. En ressortent libres une heure et demie plus tard. Pendant ce délai, les policiers ont tapé leur PV d'interpellation. « C'est ça qui prend du temps : rédiger. » 2 h 30. Retour à Lille et fin de service. Quatre arrestations pour les six équipages de la BAC départementale : « Une nuit très calme . » En général, c'est plus agité le week-end. Mais pas toujours. « Il n'y a pas de logique », glisse Dahou Touhami. Depuis sa création, l'unité en est déjà à une cinquantaine d'interpellations.

# Posté le lundi 02 mars 2009 08:14

Modifié le jeudi 21 mai 2009 16:53

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