Un réseau d'importation et de vente de cannabis, qui irriguait une bonne partie de la région, a été démantelé
Un des organisateurs du trafic a été identifié comme étant un détenu de la prison de Loos.
Surprise pour les enquêteurs de la brigade des stups de la DIPJ (direction interrégionale de police judiciaire) de Lille : au cours des écoutes mises en place pour débusquer les membres d'un réseau de vente de cannabis, ils se sont aperçus qu'un des organisateurs principaux téléphonait depuis le centre de détention de Loos, avec un téléphone portable clandestin !
Après une enquête de plusieurs mois, débutée en juillet 2008, l'homme a été extrait de sa cellule, lundi, pour être placé en garde à vue à la PJ. Le même jour, neuf autres individus étaient eux aussi interpellés dans la métropole lilloise et le bassin minier, au cours d'un coup de filet associant policiers et gendarmes. Au cours des perquisitions menées aux domiciles des interpellés, les enquêteurs ont saisi près de 30 000 E et 7 kg de cannabis. Trois personnes ont toutefois pu échapper aux forces de l'ordre et sont actuellement recherchées.
La police suspecte trois des dix individus d'avoir organisé l'importation de la drogue depuis la Belgique et les Pays-Bas selon la technique du « go-fast » : une voiture « ouvreuse » qui roule à toute allure pour débusquer d'éventuels contrôles, une voiture pleine de stupéfiants, et une voiture « suiveuse » qui supervise l'opération.
Suspicions de blanchiment
Le trio, mis en relation grâce au détenu de Loos, refourguait ensuite la marchandise à une dizaine de revendeurs implantés un peu partout dans la région, dans le Douaisis, le Valenciennois, le bassin minier et surtout la métropole lilloise.
Le GIR (groupe d'intervention régionale) est associé à cette enquête pour le volet patrimonial : un blanchiment des produits du trafic est soupçonné, notamment dans des achats de terrains. Un des interpellés, qui perçoit les minima sociaux, est aussi suspecté d'avoir racheté un débit de boissons lillois.
Six des dix suspects ont été déférés au tribunal de Lille, jeudi. Cinq d'entre eux ont été mis en examen pour trafic de stupéfiants, et écroués dans diverses maisons d'arrêt de la région.