Voitures brûlées dans le Vieux-Lille.
La mort d'un jeune homme du quartier a entraîné des violences dans la nuit de samedi à dimanche.
Habituellement, le secteur Winston Churchill, à l'extrémité du Vieux-Lille, est un quartier tranquille. Mais des tensions l'agitent depuis plusieurs jours. Elles se sont aggravées dans la nuit de samedi à dimanche, donnant lieu à de violents incidents : des poubelles et une dizaine de voitures ont été incendiées et des véhicules de polices et pompiers ont été caillassés.
« Ça a "claqué" jusque deux heures du matin environ, raconte un habitant. Il y avait beaucoup de policiers, avec des chiens, et environ cinquante jeunes. J'habite ici depuis quinze ans. C'est la première fois que je vois ça. »
Ces incidents sont survenus après la mort d'Hakim Djelassi, samedi matin. Cet homme de 31 ans, habitant du quartier, avait été interpellé jeudi par la police dans un hôtel du centre ville et, en état d'ébriété, emmené vers l'hôpital Saint-Vincent. Durant le trajet, le jeune homme a fait un arrêt cardiaque.
« C'est une bavure de plus », dit un ado du quartier. « Que s'est-il passé dans le fourgon ?, interroge Habib, un jeune frère d'Hakim Djelassi. Il était vivant, debout, en sortant de l'hôtel. Que s'est-il passé entre l'hôtel et l'hôpital ? » Mohamed, un autre frère, évoque « les contusions » et « les marques de coups » qu'il a vues sur le corps de son frère.
La police, de son côté, se défend de toute bavure. Les marques visibles sur le corps du jeune homme seraient dues à l'état de crise dans lequel se trouvait Hakim Djelassi jeudi matin à l'hôtel.
Dans le quartier, hier matin, on commentait les faits. « Ça ne se fait pas de se comporter comme les policiers l'ont fait », dit un homme, venu rendre visite à la famille, et dont la voiture a brûlé. « Ce n'est pas une raison pour brûler les voitures », lui répond un habitant.
Appel au « calme » et au « recueillement »
Venus à plusieurs reprises sur place, des représentants de la Ville tentent, comme Habib, le frère d'Hakim, de calmer les esprits. Certains, riverains et policiers, craignent de nouvelles flambées de violence dans les jours à venir. Plusieurs sources indiquent que les violences de samedi soir ont été attisées par des personnes extérieures au quartier. « Cet événement dramatique n'est pas suffisant pour approuver les exactions ».
Suite aux échauffourées de la nuit de samedi à dimanche, deux Lillois ont été interpellés et mis en garde à vue pour « violences et jets de projectiles sur les forces de l'ordre ».